PERPIGNAN, Ville d’accueil

La porte de l’immeuble Lamartine (propriété de la mairie), rue Zola, murée par la mairie de Perpignan en juin 2019 suite à l’évacuation d’un squat en juin 2019.

Immigré, étranger, migrant, réfugié, demandeur d’asile, sans-papiers… autant de termes qui agitent le monde politique, nourrissent conversations et fantasmes, et interpellent notre société souvent sur fond d’ignorance, de malentendus, de contre-vérités et d’instrumentalisation.
Pour la droite et l’extrême-droite, l’accueil des « étrangers » est un prétexte pour justifier une politique d’exclusion, pour aggraver les communautarismes, diviser les travailleurs, les précaires et tous ceux qui sont en difficulté : les boucs-émissaires sont toujours utiles !
Pour la gauche qui, sur cette question, peine à tenir un langage clair et à sortir des propositions en demi-teinte, c’est une difficulté.
Pour Nou-s Perpignan, c’est l’opportunité de rappeler des vérités et de prendre les problèmes à bras-le-corps, ici, à Perpignan et en terre catalane.

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Caravane des quartiers – La parole des habitant·es

A l’issue des cinq arrêts de notre caravane des quartiers entre février et juin 2019 (St Assiscle, Clodion, Las Cobas, Moulin à Vent et Place Cassanyes), où nous avons discuté avec de nombreuses personnes et recueilli plus de 80 contributions écrites, nous pouvons  faire état de l’avis des habitant·es sur leur vie quotidienne et sociale dans ces quartiers mais également de leurs propositions.

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Forum#1 Démocratie locale – Retour sur l’atelier ‘Comment vraiment participer aux décisions municipales ?’

La dizaine de participant·es à l’atelier est partie d’une analyse de sa pratique de la « participation » à laquelle on nous invite parfois, ou au contraire de sa non-participation :

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Forum#1 – Démocratie locale – Retour sur l’atelier ‘La démocratie à l’échelle des quartiers’

Quels rôles pour les associations et les conseils de quartier ?

Une vingtaine de participant·es s’est présentée à cet atelier qui s’est déroulé en deux temps, sur fond de deux questions. Chacun·e était invité·e à répondre de manière individuelle dans un premier temps pour déboucher sur un échange d’idée et un débat dans un deuxième temps.

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Rassemblement des progressistes et des écologistes

Conscient de la complexité de la situation politique dans notre ville, Nou-s Perpignan a pris la responsabilité d’explorer les voies d’un rassemblement des forces de progrès social et des écologistes pour les prochaines municipales à Perpignan. Nos efforts ont permis de construire un espace de dialogue.

Nous avons proposé aux différents partis et mouvements politiques de gauche la création d’une plateforme citoyenne qu’ils soutiendront et que la liste soit composée à parité de représentants de la société civile et de militant·es politiques. Nous nous sommes proposés de conduire cette liste et d’être garant de la participation citoyenne, cœur du projet de Nou-s Perpignan.

Nous continuerons à construire un projet d’avenir pour notre ville avec ses habitant·es et à faire de la politique autrement, comme nous l’avons fait depuis plus d’un an. Nous vous invitons le samedi 7 septembre à notre deuxième forum sur la place publique, dédié à la transition écologique, sociale et économique à Perpignan.

Quand on est handicapé on ne va pas à la plage !

Des travaux visant à rendre accessible le cheminement entre deux arrêts de bus.

Un récent article de l’Indépendant vient de nous rappeler les difficultés que connaissent au quotidien les personnes à mobilité réduite (PMR) à Perpignan et, plus généralement, dans les Pyrénées-Orientales.

En 2011, Perpignan était dernière du baromètre de l’accessibilité de l’Association des Paralysés de France (APF) publié dans l’Express. Cela avait valu à la ville un passage au JT de Jean-Pierre Pernaut. À l’époque la mairie refusait de créer la commission communale d’accessibilité telle que la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées le prévoyait.

Certes depuis un certain nombre de travaux ont été réalisés, mais dans de nombreux cas il s’agit d’adaptation et de mises en conformité assez légères. Et les contre-exemples sont malheureusement nombreux :

  • L’aménagement du « parcours gothique », notamment entre les dominicains et l’ancien évêché, n’est pas accessible et la décision a été clairement assumée.
  • Au niveau de la passerelle de la Têt, la surface de la plateforme permettant de tourner au milieu de la rampe de la passerelle, côté théâtre, a été réduite, illégalement après le passage de la commission de sécurité, au motif de gêner le passage des mobylettes.
  • La plupart des équipements servant à bloquer les deux-roues motorisés, par exemple celui de la passerelle des Jardins de la Basse côté Saint-Assiscle, sont difficilement utilisables en fauteuil, surtout pour des personnes ayant des problèmes au niveau des bras.
  • Le centre-ville est connu pour ne pas être accessible, et lors de la réalisation du plan d’accessibilité de la voirie et de l’espace public la mairie a refusé de faire appel à un cabinet extérieur pour le centre ancien.

La passerelle des Jardins de la Basse et son équipement pour bloquer les deux-roues.
La passerelle des Jardins de la Basse et son équipement pour bloquer les deux-roues.

Les fauteuils qui roulent sur la chaussée plutôt que sur les trottoirs sont malheureusement banals dans de nombreux quartiers. La réalité du quotidien des personnes en situation de handicap n’est clairement pas comprise par les décideurs politiques locaux.
Le cas d’école que vient de vivre un touriste en fauteuil roulant, qui a fort justement médiatisé l’affaire, montre qu’élus et techniciens se réfugient derrière des aspects techniques et financiers, mais que l’aspect humain du handicap est très peu considéré. Or les problématiques du handicap et de l’invalidité, qui d’ici quelques années devrait concerner 25 % de la population du fait du vieillissement, ne doivent plus être vues comme des contraintes réglementaires ou financières. Elles doivent être pensées comme une chance pour améliorer le cadre de vie de tous les habitants de notre territoire.

C’est pourquoi Nou-s Perpignan propose :

    • une formation de tous les élu·es aux situations de handicap, pour prendre des décisions en connaissance de cause ;
    • la suppression de tous les obstacles aux cheminements : la maîtrise des deux-roues motorisées doit passer par une intervention de la police municipale et non par des équipements qui freinent la mobilité des piétons, vélos et personnes porteuses de handicap ;
    • la conception de l’espace public et de tout nouveau projet urbain, notamment de valorisation du patrimoine, en prenant en compte l’accessibilité des fauteuils roulants et en limitant les obstacles sur trottoir ;
    • la mise en conformité de l’espace public pour la mobilité des personnes non voyantes : équipement sonore sur les feux rouges, avertisseurs tactiles, etc. ;
    • la mise en place de moyens financiers et surtout humains pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap et de leurs proches ;
    • et bien sûr, leur écoute, via une véritable participation des premier·ières intéressé·es à la commission réglementaire.

Perpignan doit devenir une ville inclusive, soucieuse des plus fragiles !

Ce que nous proposons à toutes les forces de gauche

Il faut partir d’un constat honnête. La gauche à Perpignan n’a pas le vent en poupe. Elle est divisée. Elle a vécu une dernière campagne municipale catastrophique en 2014. Elle n’a pas su faire vivre une opposition à la politique de Jean-Marc Pujol depuis lors, à quelques exceptions près.

Tout est donc à faire pour les prochaines élections municipales de 2020, et le défi est immense. Mais nous devons le relever avec enthousiasme, parce que le peuple de gauche est là, qu’il attend quelque chose, et qu’on doit sonner la révolte à Perpignan devant l’urgence sociale, écologique, politique qui nous menace tous.

Que faut-il donc pour que la gauche puisse rompre avec la fatalité du duel entre la droite et l’extrême-droite ? Trois choses à notre avis : une unité la plus large possible, une véritable détermination à mener le combat pour Perpignan, et un changement de méthode et de pratiques radical.

Nous devons d’abord parvenir à l’unité la plus large possible. Si la gauche se divise entre ceux qui ont encore une place et ceux qui veulent faire table rase, entre ceux qui brandissent des sondages douteux et ceux qui sont prêts à des campagnes de témoignages, la défaite est assurée. Or nous n’avons plus le droit de nous regarder le nombril alors que nous risquons de nous retrouver absent.es des débats et que l’état de la ville est désastreux. Il nous faut regarder de l’avant ensemble sous peine de décevoir une fois de trop.

 Pour retrouver une crédibilité, nous devons changer et nos méthodes et nos pratiques. Une démarche de rassemblement qui entraîne l’adhésion ne peut plus se faire à la sauce politique d’hier, à force de marchandages entre personnalités ou entre directions de partis. Les électeur.trices n’en veulent plus. Elle doit se faire autour d’un programme et d’une méthode qui permettent l’expression et la participation de toutes celles et ceux qui veulent changer la ville.

La méthode doit répondre à une véritable exigence démocratique. Nous devons faire vivre une assemblée ouverte pendant la campagne, qui décide des orientations de celle-ci. Nous devons constituer une direction de campagne collégiale, à laquelle participent toutes les forces engagées dans la bataille, et notamment celles des citoyen.nes sans attaches partisanes. Nous devons construire une liste qui reflète cette pluralité, où tout le monde trouve sa juste place.

Si nous parvenons à nous rassembler pour mener ce combat, nous pourrons porter bien haut le programme de justice sociale et de transformation écologique dont notre ville a tellement besoin. Nous pourrons exister dans cette campagne, redonner espoir au peuple de gauche et, pourquoi pas, rêver de lendemains meilleurs pour Perpignan et pour les Perpignanais.es. Depuis plus d’un an Nou-s Perpignan a travaillé pour que cet espoir devienne réalité. Nous nous  proposons d’être le garant et le pilote d’une gauche réconciliée avec ses valeurs et avec sa mission autour d’une plateforme commune et à coup sûr gagnante.

Forum#1 – Quelle démocratie voulons-nous pour la ville ?

Il y a un an depuis la place Arago, Nou-s Perpignan appelait les habitant.es à réagir devant l’état de déliquescence de notre ville et à se mobiliser pour porter un projet réellement démocratique, social et écologique pour les municipales 2020.

Après un an d’actions de terrain et de formulation de propositions, Nou-s Perpignan a invité ce samedi après-midi sur la place Rigaud les habitant.es de Perpignan pour un moment de réflexion et d’échanges sur la démocratie à l’échelle de la ville. 150 personnes ont partagé un moment de ce forum, assistant aux prises de paroles, participants aux ateliers ou se régalant du spectacle final de Louvalemonde, crieuse publique.

Oriol de Ganyem Figueres présente la démarche municipaliste conduite aux élections de mai 2019

Nous avons pu nous informer, nous rencontrer dans nos différences, échanger, nous mettre en questionnement. C’est le fondement d’une démarche de repolitisation des citoyen.nes, qui donne  pour nous donner confiance en notre capacité d’analyse et de propositions et qui dessine collectivement le futur de notre ville. Loin des discours infantilisants sur la prétendue impossibilité des citoyen.nes  à prendre des décisions ‘raisonnables’, nous affirmons au contraire que si les conditions d’une réelle participation sont mises en œuvre, les habitant.es sont capables et veulent prendre les orientations qui s’imposent pour répondre à la pauvreté et la ségrégation dans notre ville comme aux crises écologiques. C’est sans détour que nous affirmons pouvoir gagner contre le projet du rejet de l’autre car la solidarité et l’engagement qui se dégagent de nos actions témoignent d’une réelle volonté des habitant.es d’aller vers des modèles d’écologies structurelles, relationnelles et environnementales.

Ainsi, Nou-s Perpignan continuera de proposer des temps collectifs et ouverts à tou.tes pour développer son programme de transition radicale dans notre ville, vers plus de justice sociale, le respect de tou.tes, la reconsidération de nos services publics et de nos biens communs et la transition écologique comme économique. La période électorale doit être mise à profit pour pratiquer cette démocratie vivante et permanente que nous défendrons auprès des électeur.rices en 2020 : c’est en la pratiquant que l’on reprend notre pouvoir de citoyen.ne et il est de la responsabilité de chacun.e de s’en emparer pour lutter contre la réduction de nos libertés.

Louvalemonde, crieuse publique pour finir avec le sourire

Le municipalisme maintenant

Nou-s Perpignan est un collectif qui s’inspire du municipalisme pour construire et porter un projet aux élections de 2020 à Perpignan. Mais què és aixó « le municipalisme »?

Face à la crise écologique, sociale et politique, deux voies se dessinent. Il y a celles et ceux qui sont prêts à abdiquer tout ou partie de la démocratie et de nos libertés pour se soumettre à un chef qui remette de « l’ordre ». Le municipalisme au contraire pense que seule l’extension de la démocratie et la participation effective de tou.tes aux décisions collectives peuvent nous permettre de faire solidarité, ici comme ailleurs, et de mettre en œuvre les alternatives face aux dominations de toute sorte, en premier lieu économiques mais également culturelles et de genre.   

À Perpignan, où toute la vie politique, sociale, culturelle est étouffée par un système clanique et clientéliste qui a naufragé la ville, l’urgence démocratique doit être une priorité. Le municipalisme veut multiplier, pendant la campagne électorale comme après, la tenue d’assemblées par lesquelles les habitants puissent à nouveau s’exprimer, réfléchir et agir sur nos affaires communes. Par une pratique sincère de la participation, il faut réapprendre la démocratie et reconstruire la citoyenneté confisquée par les intérêts particuliers. Le municipalisme s’applique une éthique et renforce les contre-pouvoirs sans chercher à les contrôler, pour ne pas tomber dans les ornières de l’entre-soi des professionnels de la chose publique. Le municipalisme ne court pas derrière une urbanisation et une croissance à tout prix qui creusent finalement les inégalités mais s’intéresse à la communauté de vie que constitue la ville.

À l’heure où les formations politiques de gauche sont émiettées, les élections municipales doivent être l’occasion de dépasser nos différences ‘de parcours’ pour se réunir autour d’un programme de transformation sociale et écologique, ici et maintenant. Le municipalisme propose pour cela la construction d’une plateforme locale de rassemblement de toutes les forces de transformation, issues des différents combats pour une justice sociale ici et une solidarité internationale, contre la casse de notre système social et la précarisation du travail, contre les responsables des crises écologiques, pour la réappropriation de nos espaces communs, de nos services publics et de la sphère économique sous une forme sociale et solidaire … La liste est plus longue de ces combats qui sont menés par les militant.es politiques, associatif.ves, syndicaux.ales, dans des collectifs informels qui ont éclos ces derniers mois et par tous les porteur.ses des alternatives concrètes, nous sommes nombreux.ses ! Seule une dynamique sincèrement démocratique peut nous permettre de reprendre confiance dans notre rôle de citoyen.ne et de nous impliquer dans l’élaboration d’un projet politique partagé.

Nou-s Perpignan s’est créé avec cette saine ambition et se propose d’être le fer de lance de cette exigence pour les élections municipales de 2020. Avec toutes les forces qui veulent participer à cet effort de rassemblement et de renaissance citoyenne, avec tous les habitant.es qui veulent participer à ce sursaut démocratique dont nous avons besoin, nous nous proposons de construire une plateforme électorale qui constitue une alternative d’une part à l’affrontement stérile dans lequel on veut nous enfermer entre l’extrême-droite et les libéraux à tout crin, et d’autre part à la poursuite de l’effacement du paysage des forces politiques progressistes.

Ne nous laissons pas confisquer la possibilité de transformer nos combats et nos espoirs, prenons le pouvoir sur les institutions par le bas pour agir localement dans une optique globale !

La ville sera ce que nous en ferons !