Quand on est handicapé on ne va pas à la plage !

Un récent article de l’Indépendant vient de nous rappeler les difficultés que connaissent au quotidien les personnes à mobilité réduite (PMR) à Perpignan et, plus généralement, dans les Pyrénées-Orientales.

En 2011, Perpignan était dernière du baromètre de l’accessibilité de l’Association des Paralysés de France (APF) publié dans l’Express. Cela avait valu à la ville un passage au JT de Jean-Pierre Pernaut. À l’époque la mairie refusait de créer la commission communale d’accessibilité telle que la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées le prévoyait.

Certes depuis un certain nombre de travaux ont été réalisés, mais dans de nombreux cas il s’agit d’adaptation et de mises en conformité assez légères. Et les contre-exemples sont malheureusement nombreux :

  • L’aménagement du « parcours gothique », notamment entre les dominicains et l’ancien évêché, n’est pas accessible et la décision a été clairement assumée.
  • Au niveau de la passerelle de la Têt, la surface de la plateforme permettant de tourner au milieu de la rampe de la passerelle, côté théâtre, a été réduite, illégalement après le passage de la commission de sécurité, au motif de gêner le passage des mobylettes.
  • La plupart des équipements servant à bloquer les deux-roues motorisés, par exemple celui de la passerelle des Jardins de la Basse côté Saint-Assiscle, sont difficilement utilisables en fauteuil, surtout pour des personnes ayant des problèmes au niveau des bras.
  • Le centre-ville est connu pour ne pas être accessible, et lors de la réalisation du plan d’accessibilité de la voirie et de l’espace public la mairie a refusé de faire appel à un cabinet extérieur pour le centre ancien.
La passerelle des Jardins de la Basse et son équipement pour bloquer les deux-roues.
La passerelle des Jardins de la Basse et son équipement pour bloquer les deux-roues.

Les fauteuils qui roulent sur la chaussée plutôt que sur les trottoirs sont malheureusement banals dans de nombreux quartiers. La réalité du quotidien des personnes en situation de handicap n’est clairement pas comprise par les décideurs politiques locaux.
Le cas d’école que vient de vivre un touriste en fauteuil roulant, qui a fort justement médiatisé l’affaire, montre qu’élus et techniciens se réfugient derrière des aspects techniques et financiers, mais que l’aspect humain du handicap est très peu considéré. Or les problématiques du handicap et de l’invalidité, qui d’ici quelques années devrait concerner 25 % de la population du fait du vieillissement, ne doivent plus être vues comme des contraintes réglementaires ou financières. Elles doivent être pensées comme une chance pour améliorer le cadre de vie de tous les habitants de notre territoire.

C’est pourquoi Nou-s Perpignan propose :

    • une formation de tous les élu·es aux situations de handicap, pour prendre des décisions en connaissance de cause ;
    • la suppression de tous les obstacles aux cheminements : la maîtrise des deux-roues motorisées doit passer par une intervention de la police municipale et non par des équipements qui freinent la mobilité des piétons, vélos et personnes porteuses de handicap ;
    • la conception de l’espace public et de tout nouveau projet urbain, notamment de valorisation du patrimoine, en prenant en compte l’accessibilité des fauteuils roulants et en limitant les obstacles sur trottoir ;
    • la mise en conformité de l’espace public pour la mobilité des personnes non voyantes : équipement sonore sur les feux rouges, avertisseurs tactiles, etc. ;
    • la mise en place de moyens financiers et surtout humains pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap et de leurs proches ;
    • et bien sûr, leur écoute, via une véritable participation des premier·ières intéressé·es à la commission réglementaire.

Perpignan doit devenir une ville inclusive, soucieuse des plus fragiles !

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