Forum#1 Démocratie locale – Retour sur l’atelier ‘Comment vraiment participer aux décisions municipales ?’

La dizaine de participant·es à l’atelier est partie d’une analyse de sa pratique de la « participation » à laquelle on nous invite parfois, ou au contraire de sa non-participation :

J’aimerai donner mon avis MAIS …

  • Une ‘fausse participation’ : je ne suis pas au courant des réunions / participation de dernière minute / les réponses sont déjà faites , les décisions déjà prises / on ne sait pas comment seront pris en compte les avis des habitant.es
  • Un manque de contre-pouvoir : Verticalité des prises de décisions par quelques un·es / manque de représentation des habitant·es / pas de contre-pouvoir effectif et notamment de la part des médias
  • Le problème est mal posé : on enclenche des débats ‘contre’ un projet mais sans espace pour proposer en ‘pour’
  • Pas de lieux collectifs / d’espaces de rencontres, pour mieux se connaître, échanger et s’informer
  • ‘Tout seul je ne participe pas’ : constat qu’il y a un manque d’implication des citoyen·nes qui ont du mal à sortir de leur ‘groupe’ (amical, social, …), à sortir de leur zone de confort pour rencontrer des personnes différentes qui ont un autre avis

Sur la base de ce constat,  l’atelier a permis de dégager les conditions d’une réelle participation citoyenne aux décisions publiques :

Pour que je donne mon avis, Il FAUDRAIT …

  • Avoir l’information / la diffuser aux personnes concerné.es et pas seulement en petits cercles. La question de médias indépendants et pluralistes est posée !
  • Un cadre clair de la participation : quelle prise en compte des avis exprimés ? L’échelle de la participation a été présentée, qui permet de  décrypter les objectifs d’une démarche de participation.
  • Une parole libérée et des animateurs qualifiés
  • Se réunir = Créer des lieux de rencontre réguliers : associations mais aussi espace public (qui est notre lieu commun)
  • Mobiliser les habitant·es : leur faire prendre conscience qu’on peut faire / décider / participer
  • Avoir un suivi, un contrôle des décisions prises et un retour sur les actions engagées
  • Mettre en place le Référendum d’Initiative Citoyenne (R.I.C), fédérer des groupes pour faire entendre des volontés / projets portés par les citoyen·nes.

Pour réimpliquer les citoyen·nes dans les décisions qui les concernent, quelques démarches en place ont été exposées en fin d’atelier :

Le budget participatif à Paris : 10% du budget d’investissement de la ville est décidé parles habitant·es via la proposition et la sélection pour des projets. Les projets retenus sont réalisés par les services techniques avec un suivi des porteurs de projets : le technicien devient la courroie de transmission entre l’habitant·e et l’élu·e.

Interpellation et votation d’initiative citoyenne à Grenoble : Un système de pétition d’initiative citoyenne, qui permet de saisir le Conseil municipal sur un projet ou contre-projet. En cas de non accord du Conseil, une votation est organisée à l’échelle de la Ville. (malheureusement, attaqué par l’État au tribunal administratif !)

Les tables de quartier à Montréal :

Créées à la fin des années 1980 dans certains quartiers de Montréal de la volonté d’associations et d’habitants de se regrouper « autour de la table » pour croiser leur analyse des problématiques du quartier. Il existe une trentaine de « tables » aujourd’hui à Montréal, dont les plus anciennes ont vu passer quatre générations de citoyens. Elles sont devenues les interlocuteurs privilégiés des mairies d’arrondissement qui, depuis la réforme des années 2000, ont une grande autonomie.

Quel est leur champ d’action ? Les tables sont responsables du développement social local : la lutte contre la pauvreté, l’accès au logement, l’intégration des migrants, des jeunes, des aînés, la mobilisation environnementale… Leurs membres, souvent des représentants d’associations du quartier, jouent le rôle d’animateurs au long cours de la participation. A partir d’un diagnostic de quartier, ils mettent en place une démarche participative avec les habitants pour définir les priorités du quartier en matière de transport, d’habitat, de services de proximité…

Comment ça fonctionne ? Elles reçoivent des financements publics (Etat / Province / Ville) qui se sont associés pour créer un fonds commun. Ce financement récurrent garantit leur indépendance et une continuité : dans chaque table, un employé est présent pour coordonner les projets et chercher d’autres financements. https://www.lemonde.fr – Interview de Anne Latendresse, Université du Québec

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